VOLCAN N°100 : Cayres : «Notre Dame d’Espinasse»

     Le village d’Espinasse, commune de Cayres, possède sa vierge noire : «Notre Dame d’Espinasse». Cette vierge appartient bien au village, même si elle repose dans une maison chez un particulier qui est l’un des descendants de cette statue.
     La châsse de cette vierge noire faite en pin, qui mesure 53cm de haut, est datée de 1834. L’auteur de cette vierge, Jean-André Mirmand*, est un ancêtre de Gabriel Gagne d’Espinasse (dont la mère était une Mirmand) lui aussi sculpteur dans les années 1960/70 (voir portrait dans «Volcan» N°92 pages 8-9).

La porte de la châsse possède un beau verre étiré, ancien, d’origine artisanale. Les visages de la statue, sont particulièrement fins et bien travaillés. Les robes sont anciennes. La petite couronne (de l’enfant Jésus) en ferraille ornée de perles est d’origine, la plus grande couronne a été perdue et refaite en tissu par les sœurs de Ste Claire au Puy.
     C’était la vierge noire pour le mois de Marie, qui se déroulait vers 21h tous les soirs du mois de mai, et ce, jusqu’au début des années 70. Les femmes du village (Lucie, Anna, Eugénie, Andrésine, Maria, Marie-Louise, Victoria…) se réunissaient alors, la veille du 1er mai, pour préparer, installer « le mois de Marie » et confectionner l’autel. La dépositaire de la statue, Lucie Mirmand, sortait alors la vierge noire de sa châsse et l’emmenait à l’assemblée pour l’installer au sommet de l’autel sous un ciel bleu azur constitué par un drap tendu au plafond. Des dizaines de bougies disposées sur des candélabres éclairaient le tout et c’était absolument magnifique. Et à la fin du mois celle-ci retournait dans sa châsse à la maison Gagne-Mirmand.
     Au dire des curés de Cayres, Espinasse avait le plus beau des «mois de Marie» de la paroisse. Celui-ci était constitué sur plusieurs niveaux d’estrade où étaient disposés de très nombreux candélabres et «Globes» amenés par chaque famille et où trônait au sommet une «vierge noire», en bois, identique à celle du Puy, sculptée par un enfant du pays 150 ans plus tôt.
     Notons un fait étrange : à Espinasse, dans le temps, lorsqu’il faisait orage et pour éloigner la grêle on sonnait la cloche et la vierge noire était parfois sortie sur le rebord de la fenêtre de l’assemblée et, chose remarquable, elle ne se mouillait jamais…

Procession pour le retour des prisonniers à Espinasse en 1945
1 Gabriel Gagne – 2 Hélène Gagne – 3 Félix Rocher – 4 Félix Bongiraud – 5 Pascal Mirmand – 6 Eugénie Mirmand – 7 Thérèse Bongiraud – 8 Félix Lac – 9 Elise Prunet 10 Pierre Gagne – 11 Louis Bongiraud – 12 Victoria Prunet – 13 Marie-Louise Roche 

 

*Jean-André Mirmand, qui avait des origines à Concis chez les «Bridoves», vint pour gendre à Espinasse chez les Gagne (lou Boussa) où il épouse Thérèse Gagne. Il meurt jeune, à l’âge de 42 ans, le 22 mars 1837.

Article et photos d’Aurélie Vidal et de Louis Rocher

EXTRAIT DU JOURNAL VOLCAN N°100 

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